Digressions, divagations et autres bafouilles

Une bouteille à la mer…

Nénuphar devient nénufar

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Aujourd’hui est un grand jour pour la langue française. Elle se simplifie. Fini les accents circonflexes, les voyelles malicieuses, les “ph” qui se prononcent “f” et autres bizarreries héritées d’une étymologie dont tout le monde se fout royalement… Place à la simplicité! Place à l’écriture phonétique!

Nénuphar devient nénufar

Nénuphar, plante aquatique, dicotylédone, de la famille des Nymphéacées, de l’ordre des Nymphéales. Nénuphar s’écrivait, jusqu’en 1935, nénufar. L’Académie française préconise depuis 1990 le retour à l’orthographe d’avant 1935 arguant (ou, plus simplement, argüant) de l’étymologie persane du mot; la séquence ph ne devant servir qu’à transcrire la lettre phi du grec ancien. Ouf! photographie ne devrait pas devenir fotografie, à moins que son étymologie ne désignât (pardon, désignat) une origine viking… auquel cas il y aurait fort à parier sur l’apparition d’une séquence oe à la place des o – fotografie devenant un nettement plus simple foetoegrafie.

Corolle devient corole

Simple, vous avez dit simple? Depuis des générations nous inculquons à nos têtes (tetes) blondes que corole prend deux l, comme tous les mots en -olle. Maintenant, il faudra leur enfoncer dans le crâne (crane) que si corolle ne prend qu’un l, il n’en va pas de même pour colle, folle et molle dont l’orthographe reste inchangée. Ô exceptions! – il faudrait le simplifier aussi ce mot-là, complexe, trop complexe, pour le cerveau de nos bambins. Oserais-je exeption? – Que tu me donnes de tourments!

A quand l’abolition des ignominieuses règles du m avant le b ou le p ou du doublement des consonnes? Ne serait-il pas plus simple d’écrire inpecable, voire inpekable, au lieu d’un impeccable dont la complexité n’est justifiée que parce que les Romains ne pensèrent pas qu’il fût plus simple d’écrire inpecabilis au lieu d’inpeccabilis? Remarquons au passage qu’ils ne poussèrent pas le vice jusqu’à faire précéder le p d’un m

Depuis 76 ans nénufar s’écrivait nénuphar et ce par la grâce (grace) d’un poétique (poétik? A quoi servent les e lorqu’ils sont muets?) rapprochement sémantique avec les nymphes, mais aussi avec le genre Nymphaea qui est celui de certaines de ces plantes. La richesse d’une langue ne réside pas simplement dans sa capacité à se simplifier, mais aussi par sa poésie intrinsèque (intrinsek?) et ses bizarreries (mais pourquoi diable ne pourrait-on pas écrire, je ne sais pas, bizaries?). Non?

Et si nous nous remettions à lire? Tout simplement.

Rédigé par Pandore

Lundi 16 mars 2009 à 12:31

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