Digressions, divagations et autres bafouilles

Pandore et le chaton

Publié dans Chronique pas mondaine by Pandore sur mai 26th, 2008

Je sais, ça fait un peu “Martine et son chien”. Mais parfois point n’est besoin d’emprunter les sinueux et élucubratoires chemins de la divagation; d’autant que l’histoire est simple.

Une chatte a abandonné sa portée dans mon jardin. 5 chatons tigrés âgés d’au plus 5 jours. Impossible pour nous de tous les prendre en charge, il nous fallu trier. Critère de sélection: la probabilité de sauver une de ces boules de poil dépend de sa capacité à têter la seringue. Résultat: 4 furent abandonnés à la bonté des Dames Nature et Providence.

Tarzan - 140 grammes tout mouillé - est installé dans une caisse et nourri au lait pour chats; celui-là même dont les grandes marques nous vantent l’utilité… or même qu’un chat adulte ne boit que de l’eau. Pour une fois, je l’espère, elles auront raison.

Il tient le coup, jusqu’à maintenant. Mais pour combien de temps? Je n’ose pas affecter l’attribut “Part I” à la présente contribution tant l’éventualité qu’il n’y en ait pas d’autre est à prendre en considération, sérieusement.

J’ai bien envie de me lancer dans la rédaction du “Journal de Tarzan ou la Métaphysique d’un Tube”. Après tout, il y a plus inutile, non? Qu’en pensez-vous?

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Un dimanche sous le soleil

Publié dans Chronique pas mondaine by Pandore sur mai 19th, 2008

Promenade le long d’étangs domaniaux, il fait beau, l’eau est poissonneuse, les berges aussi. Etrange osmose, les hommes se prennent pour des carpes, mortes. Echoués, la bouche entrouverte et le regard hagard, ils saumurent au soleil.

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Un gâteau, un Coke light et Rabelais s’en vient

Publié dans Chronique pas mondaine by Pandore sur avril 28th, 2008

Souvenir d’une femme se goinfrant d’un gâteau à la crème accompagné d’un Coca Light, comme pour conjurer les regards ironiques se posant tour à tour sur son imposante constitution et sur ce qu’elle se proposait d’enfourner. Comme pour dire “certes je fais un solide écart - de quelques milliers de tonnes de calories - à mon régime mais, regardez, je reste tout de même raisonnable, je bois un soda à l’aspartame”. Et notre bonne femme, ainsi déculpabilisée aux yeux du monde comme aux siens, de se délecter à pleines cuillères de sa pâtisserie et, à petites gorgées, de son Coke.

Qu’elle rotât et nous assistions à une orgie pantagruélique, un hommage à la verve rabelaisienne. Elle n’en fit rien, préférant une introspection farouchement solipsiste au partage de la satisfaction engendrée par l’en-cas ingéré. Aimer les gâteaux est une chose, l’assumer en est une autre… à moins qu’elle ignorât qu’Alcofrybas Nasier fit d’un glouton le chantre de l’humanisme. Dommage, j’eusse de loin préféré vous présenter cette réminiscence comme celle d’une rencontre; Gargamelle opposant - par une sonore éructation- à un monde étriqué, engoncé dans ses préjugés et clichés l’image d’un bonheur simple qu’il ne nous appartient pas de (dé)juger, une ode aux plaisirs et à la tolérance.

Las! Elle ne rota pas, me condamnant par cette retenue ridicule de n’en exposer qu’une description pâlement balzacienne accompagnée d’une interprétation basiquement psychanalytique. Je me souviens d’une femme replète qui engloutissait une tarte à la crème accompagnée d’un Coca Light, lequel ne servait qu’à éviter l’émergence d’un sentiment de culpabilité et faire pièce aux regards des autres, ces infernaux.

Mercredi, je m’atomisais les neurones; samedi, je m’attachais à comprendre les bases de la relativité restreinte. Comme pour dire…

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Les femmes, la pilule, les poissons, ne plus manger de poisson?

Publié dans Elucubrations by Pandore sur avril 22nd, 2008

L’urine des femmes contient des traces d’oestradiol, lesquelles - nos belles étant toute imprégnée de l’impératif selon lequel il faut tirer la chasse - vont se retrouver dans les eaux usées. Ces dernières, après un périple dont je vous épargne les tours et détours, se retrouvent dans les fleuves qui, comme chacun le sait, se jettent dans la mer. L’eau de mer se charge d’oestradiol.

Les poissons sont incapables de respirer à l’air libre, faute de poumons. Ils récupèrent l’oxygène présent dans l’eau via leurs branchies. Pour ce faire, il doivent la gober. La chair des poissons se charge - en plus des métaux lourds et autres crasses négligemment rejetées par l’Homme - d’oestradiol. Les poissons se féminisent. L’homme mange le poisson, il se charge d’oestradiol, ses gonades en souffrent.

Voilà, en substance, le cheminement d’une étude sur la stérilité masculine. Si la relation de cause à effet doit encore être irréfutablement établie, elle met en lumière un fait auquel nous ne pouvons que souscrire.

Convenez-en avec moi, le poisson mâle - le vrai, le beau, sentant bon le musc et généreusement poilu en-dessous des nageoires - se fait de plus en plus rares sur nos marchés.

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Mécanique des fluides et discussion de salon

Publié dans Culture et confiture, Elucubrations by Pandore sur avril 14th, 2008

Effet VenturiLe débit d’un fluide à travers une canalisation est constant. Que la section diminue et sa vitesse augmente alors que, dans le même temps, sa pression diminue. Application bête et méchante du principe de la conservation de l’énergie, une augmentation de l’énergie cinétique est compensée par une diminution de l’énergie élastique.

La connaissance de ce principe vous permettra de briller en société. Jugez plutôt.

Vous pourrez renvoyer à ses études tout qui, se rengorgeant de connaître les secrets de la physique, étalera, avec force effets de manche et sourires condescendants au béotien que vous êtes, ses connaissances en mécanique des fluides. A la stupidité de son énoncé du théorème de Bernoulli - plus la section de la canalisation est petite, plus la vitesse et la pression du liquide y passant sont grandes - vous rétorquerez avec les mêmes air docte et sourire que le débit - défini comme le volume de liquide transitant à travers une surface en fonction du temps - est constant et que ce dernier étant le produit de la vitesse par la section, les 2 varient en sens inverse. Et d’achever l’impudent imprudent par un “en conséquence plus la section est grande, plus la vitesse est faible et la pression élevée et qu’il s’agit là d’un résultat peu intuitif. En effet nous pourrions nous attendre à ce que la pression augmente”. Si vous êtes un tantinet cynique, vous rajouterez - vous adjugeant ainsi oreilles et testicules de l’individu torée - qu’il ne s’agit pas, en l’espèce, du principe de Bernoulli; mais bien de l’effet Venturi.

Vous pourrez expliquer pourquoi votre perruque s’envola et vous dûtes revêtir - en plein été - l’horrible polar rose bonbon que - pleine de compassion et de prévoyance (elle a son bac, elle) - votre tante Irène vous offrit le jour de votre départ. Lorsque les particules d’air rencontrent un obstacle qu’elles ne peuvent contourner, elles le surpassent. Or, le débit est constant et la zone de circulation est plus petite, donc leur vitesse augmente et, comme l’accélération s’accompagne d’une dépression, l’air se refroidit. Il y a plus de vent au sommet d’une montagne qu’à sa base et il y fait plus froid.

Vous pourrez faire pièce aux fustigations de vos écologistes congénères qui ne manqueront pas de crier haro sur l’intrusion -nécessairement polluante - dont vous vous rendîtes coupable, uniquement mû par la prosaïque pulsion de dominer le monde et de jouir d’un panorama à couper le souffle; or même qu’il eût suffit que vous acceptassiez de consacrer quelques centimes de votre budget à l’achat d’une carte postale. Plus vous montez, plus la pression atmosphérique diminue… plus la température d’ébullition du Royco que vous proposiez, tant pour vous réchauffer qu’en récompense des efforts consentis avec force soupirs et suées, de déguster est basse… moins vous consommez le combustible nécessaire à l’obtention de cet état physique… moins vous rejetez de CO2… A moins que vous n’entreprîtes l’ascension lesté d’une soupe à l’oignon agrémentée de quelques pains à l’ail et que, par humanisme, vous décidâtes de rendre le paysage moins hostile en y semant quelques traces de votre passage.

Enfin, et ce n’est pas là le moindre des bénéfices induits par l’acquisition d’un tel savoir, vous vous endormirez un peu plus affranchi de la pire des servitudes: l’ignorance.

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